Histoire de l’apprentissage du coréen en France

C’est au début du XIX que les premiers contacts connus entre la France et la Coréen ont lieu avec les missionnaires catholiques envoyés christianiser la péninsule. C’est à cette période qu’on trouve les premières traces de coréanisants français, c’est-à-dire de Français parlant le coréen. Ce sont ces mêmes missionnaires qui élaborent le premier dictionnaire coréen-français ainsi qu’une grammaire de la langue coréenne. Néanmoins, c’est seulement à la fin de ce même siècle, en 1886, que les relations s’officialisent et se pacifient avec un traité d’amitié et de commerce.

Au début du siècle suivant, Charles Haguenauer, orientaliste et premier universitaire spécialiste de la Corée, est considéré comme le fondateur des études coréennes en France. Après avoir appris le japonais, il entame seul l’étude du coréen en 1922, époque où la Corée était une colonie du Japon. Il donne sa première conférence sur la Corée, précisément sur le chamanisme coréen, à la Maison Franco-Japonaise de Tokyo en 1929 puis commence à écrire sur la Corée et propose par ailleurs un « Système de transcription de l’alphabet coréen » en 1933. C’est aussi à partir de cette année qu’il devient directeur d’études à la Vème Section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes « Religions du Japon et de la Corée ». Bien qu’à cette époque la Corée soit colonisée par le Japon, Haguenauer aborde la Corée comme une entité. Ses travaux ont été les premiers travaux d’un universitaire sur la péninsule, et ont permis l’ouverture d’un premier enseignement du coréen à la Sorbonne par un enseignant coréen, le Professeur Li Ogg, en 1956. Ce dernier est aussi le premier enseignant de coréen à l’Ecole Nationale des Langues Orientales Vivantes. Selon Daniel Bouchez, l’enseignement du coréen a commencé aux Langues O’ en 1959. A l’époque, le diplôme, délivré en 3 ans, n’était pas un diplôme d’état mais permettait de poursuivre son apprentissage à la Sorbonne pour obtenir un certificat d’études coréennes.

Onze ans plus tard, en 1970, c’est au tour de Paris Diderot (Paris 7) de créer une section coréenne en même temps que l’ouverture de ladite université. Cette dernière propose un cursus complet allant de la licence au doctorat depuis cette période. C’est après au tour de l’Université Jean Moulin (Lyon 3) de proposer des cours de langue et culture coréennes, au début des années 1980.

Le Centre Culturel coréen a ouvert ses portes en 1980 et offre très vite des activités et une bibliothèque permettant à un public intéressé de venir s’instruire sur la Corée.

C’est en 2005 que l’équivalent de l’Alliance Française pour la langue-culture coréenne est créé : l’Institut du Grand Roi Sejong. Cet institut a pour but de diffuser la langue coréenne à l’étranger et permet le développement d’écoles coréennes à travers le Monde.Lié à l’Institut du Roi Sejong, la Fondation Institut du Roi Sejong a été créée en 2012 et dépend du Ministère de la Culture sud-coréen. Ce ministère, ainsi que l’Ambassade de Corée de Paris, financent une importante partie de ces écoles dans un but de diffusion de la langue et de la culture coréenne.D’autres organismes comme l’Overseas Koreans Foundation apportent aussi leur soutien au développement du coréen langue étrangère en France.

En 2007, une traduction en coréen du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) est publiée en Corée du Sud. La version originale avait été publiée en Europe en 2001. Il a été accueilli de manière très positive, se répercutant sur la conception des niveaux de coréen à destination des apprenants de langue maternelle étrangère.Ces six niveaux correspondent aux niveaux du TOPIK, le test de compétences en langue coréenne, et vont de 1 (A1) à 6 (C2). Les niveaux A1 à C2 étant tirés du CECRL.

Dans le secondaire, les premiers ateliers de langue et culture coréenne ont vu le jour en 2009 dans le lycée Camille Saint-Saëns situé à Rouen pour des classes de seconde. Aujourd’hui, les établissements du secondaire, du supérieur ainsi que les écoles coréennes se sont développées de manière exponentielle et proposent des cours de coréen à tous les niveaux, et âges.

 

Sources :

BOUCHEZ, Daniel (1973). Les études coréennes.

LI Jin-Mieung (2013), « Etudes coréennes en France : les origines, le passé et le présent. »

Site de l’Université Lyon Jean Moulin, « Département d’études coréennes » : <http://facdeslangues.univ-lyon3.fr/departement-d-etudes-coreennes–907916.kjsp?RH=LAN-ACCUEIL_FR>

Bienvenue sur Douce Corée

Synopsis

La péninsule coréenne a depuis quelques temps les projecteurs braqués sur elle, tant sur les plans géopolitiques – au Nord, que culturel – au Sud. En France, cet intérêt se traduit par une plus grande place de la Corée dans les médias et une augmentation sans précédent du nombre d’apprenants de langue et de culture coréennes. Ce blog s’inscrit dans cette évolution de la position des Corées.

Qui suis-je ?

Ce blog est pensé dans le cadre d’un atelier de la formation « Techniques d’information et de communication dans les systèmes d’information et de documentation » dispensé au CNAM Paris pour l’année universitaire 2018/2019. Je suis actuellement référente qualité et responsable des soutenances de doctorat à la Direction de la Recherche, de l’Innovation, de la Valorisation et des Etudes Doctorales (DRIVE) de Paris Diderot – Paris VII et j’ai été formée et diplômée à l’INALCO (langues O’) des licences LLCE coréen et LMFA Français Langue Etrangère (FLE), ainsi que du master 2 de didactique des langues, spécialité coréen. J’ai effectué un échange universitaire d’un an à Ewha Womans University en 2013, ainsi que deux stages d’enseignement du FLE à Séoul en 2015 et 2016.

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